Artiste pas bidon

Où l’on découvre l’art du recyclage.

Il était une fois un jeune homme d’une vingtaine d’années qui s’appelait Romuald Hazoumè et commençait sa carrière d’artiste. Cette histoire commence au milieu des années 1980, il y a 35 ans, dans la ville de Porto Novo, au Bénin, sur le continent africain.

Chaque jour, Romuald croise des trafiquants d’essence : des gens qui achètent et revendent de l’essence de manière pas vraiment légale. On les considère souvent comme des brigands, mais ce n’est pas ce que pense Romuald.

Lui les trouve très courageux. Pourquoi ? Parce que transporter plus de 500 litres d’essence en mobylette sous le puissant soleil d’Afrique est terriblement dangereux, car l’essence peut s’enflammer à tout moment. Et puis, il ne faut pas oublier que c’est grâce à eux que les propriétaires de voitures peuvent remplir leur réservoir et aller travailler.

Alors, Romuald se rapproche de ces trafiquants. Il les observe et s’intéresse aux bidons en plastique qu’ils utilisent pour transporter l’essence. Vus de dessus, ces objets ressemblent à des visages. Cela donne au jeune homme l’idée de leur ajouter des cheveux et des accessoires pour en faire des masques africains.


Romuald Hazoumé, Nanawax, 2009, © ADAGP

Depuis tout petit, Romuald voit des masques portés pendant les fêtes. Il sait à quel point ils sont importants dans son pays. En créer à son tour, c’est une façon de participer à la culture de son pays. Mais Romuald Hazoumè ne respecte pas tout à fait la tradition, puisque ses masques à lui ne sont pas faits pour être portés.

Et c’est volontaire : l’artiste fabrique ces masques pour les accrocher sur des murs. Avec des objets qui devraient finir à la poubelle, il crée des œuvres d’art que tout le monde veut acheter en France, en Angleterre, aux États-Unis, et dans tous ces pays qui vendent habituellement ces objets jetables aux Africains.

Romuald Hazoumè, surnommé « l’artiste bidon » renvoie donc ces déchets (les bidons d’essence) à ceux qui en sont à l’origine. Et en plus, il leur vend très cher, car ses œuvres ont beaucoup de valeur !

Pour prolonger le plaisir, Artips vous propose l’illustration de cette histoire à colorier (ici).
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