Culotté !

Où l’on rencontre un artiste qui sait y faire.

Il était une fois un peintre qui s’appelait Claude Monet et qui s’était levé de très bonne humeur. Cela se passait un matin de 1877, il y a plus de 140 ans. Une super idée venait de naître dans sa tête : peindre la gare Saint-Lazare !

Pour lui qui veut alors faire des tableaux modernes, c’est le meilleur sujet, car le train est une invention encore très récente. Son envie, c’est de représenter l’intérieur de la gare. Mais il a besoin d’obtenir une autorisation pour s’y installer. Comment faire ? Monet a une stratégie : il va essayer d’impressionner le directeur de la gare. Il met ses plus beaux habits, de la dentelle aux manches de ses chemises, prend une magnifique canne avec une poignée en or et demande un rendez-vous.

« Je suis le peintre Claude Monet », dit-il au directeur en entrant dans son bureau. Celui-ci sait tout sur les trains, mais il n’y connaît rien du tout en art et n’ose pas le dire. Il s’imagine que ce « Claude Monet » est célèbre, puisqu’il donne son nom de cette façon. Le directeur fait donc semblant d’avoir entendu parler de lui, alors que Monet est encore un parfait inconnu, ou presque !


Claude Monet, La gare Saint-Lazare, 1877, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris

Comme sa stratégie fonctionne à merveille, l’artiste continue : « j’ai décidé de peindre votre gare. J’ai longtemps hésité entre la gare du Nord et la vôtre, mais je crois finalement que la vôtre a plus de caractère. »

Quoi ? Peindre la gare du Nord ? Certainement pas ! Le directeur se dit qu’il faut tout faire pour que ce grand artiste choisisse la gare Saint-Lazare. Il lui donne donc l’autorisation d’installer son chevalet et ses pinceaux au milieu du hall et promet de tout faire pour l’aider.

Il ne faut pas le dire deux fois à Monet ! Il s’installe en plein cœur de la gare et donne ses ordres à tout le monde. Comme il veut beaucoup de fumée sur son tableau, les mécaniciens mettent toujours plus de charbon à brûler dans les locomotives. Les voyageurs doivent aussi se pousser quand Monet le décide. Il lui arrive même d’empêcher un train de partir parce qu’il n’a pas eu le temps de finir de le peindre ! Tant pis pour ceux qui attendent dans les wagons : le grand artiste est en train de créer…

Pour prolonger le plaisir, Artips vous propose l’illustration de cette histoire à colorier (ici).