Oh le nounours !

Où l’on découvre qu’il n’est jamais trop tard.

Il était une fois un vieux sculpteur qui se nommait François Pompon et qui aimait beaucoup les animaux. L’histoire se passe il y a 100 ans. Pompon vient d’avoir 65 ans et, pour la première fois, il y a eu une exposition de ses œuvres…

Comment ? À 65 ans, il s’agit de sa première exposition ? Eh bien oui. Mais cela ne veut pas du tout dire que Pompon vient de commencer la sculpture. Au contraire ! Il sculpte depuis qu’il est tout jeune. Seulement, il travaillait pour d’autres artistes. Pour le célèbre Rodin, par exemple, ou pour Camille Claudel.

Il lui a fallu du temps pour se décider à ne plus tailler les statues des autres. Mais à partir de ce moment, il ne pense plus qu’à ses propres œuvres. Il passe alors une grande partie de ses journées dans la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris. Il y sculpte toutes sortes d’animaux, et il a un chouchou : l’ours blanc.

Entre l’artiste et cet animal, c’est une drôle d’histoire : d’après un ami de Pompon, l’ours reconnaît le sculpteur. Il dit même que lorsqu’il le voit arriver, il se met à marcher à reculons, comme pour jouer à distance avec l’artiste.

François Pompon, Ours blanc, 1923, pierre, musée d’Orsay, Paris

Pompon se déplace aussi, pour suivre son modèle. Et comme il veut le sculpter tout en marchant, il s’est bricolé une boîte en bois qu’il accroche autour de son cou. Cela lui permet d’avoir les mains libres pour faire la petite esquisse de sa sculpture.

La grande idée de Pompon, c’est que plus l’œuvre est simple, mieux c’est ! Alors il commence par faire l’ours avec tous les détails et puis, peu à peu, il enlève ce qui n’est pas indispensable. De cette façon, quand il reproduit son esquisse en plus grand dans de la pierre, il crée un ours blanc tout lisse, mais qui a l’air bien puissant !

Pourtant, ses énormes pattes ne font pas tellement peur. Pourquoi ? Parce que Pompon a tracé un léger sourire sur la tête de l’animal, ce qui lui donne l’apparence… d’un nounours qu’on a envie de caresser.

Pour prolonger le plaisir, Artips vous propose l’illustration de cette histoire à colorier (ici).