Tournée après tournée

Où l’on découvre un artiste qui ne s’arrête jamais.

Il était une fois un facteur qui s’appelait Ferdinand Cheval et qui vivait dans la campagne française au sud de Lyon.

Il y a 140 ans, ce facteur fait sa tournée, comme à son habitude. Distribuer le courrier, c’est son métier. Tous les jours, Ferdinand marche 30 km pour remplir cette mission. Il s’occupe en regardant les cartes postales que les gens s’envoient d’Algérie, d’Inde, ou encore de Chine. Tous ces monuments étonnants, ça le fait voyager. Et puis ça lui donne des idées…

Ferdinand se dit en effet qu’il pourrait construire l’un de ces fabuleux édifices qu’il admire tant. Pendant des années, il y pense, faisant sa tournée. Jusqu’à ce qu’un beau jour, il trébuche sur une roche dont la forme lui plaît beaucoup. Elle lui plaît même tellement qu’il la ramène chez lui. Ce sera la première pierre du palais qu’il va se construire au beau milieu de son jardin !

Le Palais Idéal du facteur Cheval, 1879-1912

À partir de ce jour, le facteur Cheval regarde attentivement à ses pieds tout au long de sa tournée. Dès qu’il repère un caillou intéressant, il le met sur le côté du chemin. Ensuite, il revient le soir, avec sa brouette, pour ramasser toutes les pierres. Et le week-end, il construit son palais. Alors bien sûr, ça ne va pas très vite… Il lui faut 33 ans pour l’achever. Mais cela en valait la peine : il peut se vanter d’avoir créé « un palais féerique dépassant l’imagination » (ce sont ses mots). Ce qui est triste, cependant, c’est qu’au fil de toutes ces années, ses voisins l’ont pris pour un fou qui remplissait son jardin de caillou. Ils ne comprenaient pas que le Facteur Cheval était un véritable artiste.

Et c’est longtemps après sa mort que Ferdinand obtient sa revanche : des artistes très célèbres, comme Picasso, viennent admirer son Palais Idéal (le nom qu’il lui donne). Le ministre de la Culture, André Malraux, décide même de classer ce bâtiment en tant que monument historique. La plus belle reconnaissance possible !

Pour prolonger le plaisir, Artips vous propose l’illustration de cette histoire à colorier (ici).